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Chapitre XX sur 29

La Vengeance de Kaeden

Orinis tomba à genoux dans les cendres de Gaiana.

Ses liens venaient de céder. Derrière lui, la dernière stèle de philites finissait de s'écrouler, la lumière sombre qui enveloppait Pédophilium s'affaiblissait, et l'ombre maléfique du seigneur des Pédophilithes se dissipait dans un cri qui semblait monter du fond de la terre. Orinis n'entendit rien. Ses mains tremblaient, comme si elles cherchaient à quoi se raccrocher, et ses yeux vides ne quittaient pas les cendres. Le silence retomba sur la cité corrompue. Un silence lourd, presque irréel.

Des sanglots lui échappèrent, et il s'effondra sur le sol jonché de débris. Il ne pouvait plus se battre, ni même se relever. Il se laissa aller au désespoir. Son épée lui glissa des mains, et sa lumière s'éteignit, comme celle de son âme.

La Fureur de Kaeden

Kaeden le regarda. Longtemps. Puis il regarda les Pédophilithes. Ceux qui restaient. Ceux qui ricanaient encore. Ceux qui avaient brûlé la femme qu'Orinis aimait pour nourrir leur dieu de merde.

Quelque chose se brisa en lui. Pas de la tristesse. Quelque chose de plus chaud. De plus rouge. Ses mains se crispèrent sur le manche de son marteau, et son souffle se fit lourd, presque animal. Il repensa à Gaiana, à son sourire, à sa force tranquille, à son rire.

"Ces monstres… ces abominations…" murmura-t-il d'une voix étouffée. Il jeta un regard noir aux derniers Pédophilithes, ceux qui, après la destruction des philites, traînaient encore à l'orée de la ville en reculant prudemment.

Une lueur dorée apparut autour de son marteau. Elle grandit jusqu'à inonder la place sombre de Pédophilium d'une lumière divine. Kaeden leva son arme vers le ciel et appela les anciens pouvoirs, ceux qui dormaient au plus profond de lui.

"Par la puissance du ciel et de la terre… par la mémoire de Gaiana et l'honneur d'Orinis… aujourd'hui, je jure de raser Pédophilium et d'éradiquer les Pédophilithes de la surface de ce monde !"

La lumière du Marteau des Cieux Brisés explosa et l'enveloppa tout entier : Kaeden n'était plus qu'un colosse incandescent. Le ciel lui répondit. Les nuages se mirent à tourbillonner, une tempête d'énergie divine se forma au-dessus de lui, et un coup de tonnerre fit trembler la cité jusque dans ses fondations.

Les derniers Pédophilithes, pris de panique, reculèrent, mais Kaeden avançait déjà, et chacun de ses pas résonnait comme le tonnerre. Il n'avait plus qu'une idée en tête : venger ses amis. Il abattit son marteau sur le sol de toute sa puissance, et l'onde de choc éventra les rues de Pédophilium, projetant des roches et des débris dans tous les sens.

La Destruction de Pédophilium

Les bâtiments s'écroulèrent les uns après les autres. Les tours de philite, qui faisaient la fierté des Pédophilithes, se fissurèrent et s'effondrèrent dans un fracas assourdissant. Le sol se craquela et s'ouvrit en gouffres béants qui avalèrent les maisons, les statues et les reliques sacrées de leur empire morbide.

Kaeden leva une dernière fois son marteau et, dans un cri déchirant, mit toute sa fureur et toute sa force divine dans un dernier coup. Le ciel se déchira, et la foudre s'abattit sur la ville, frappant chaque recoin, chaque mur, jusqu'à ce qu'il ne reste de Pédophilium qu'un champ de ruines fumantes.

Les derniers Pédophilithes s'éparpillèrent comme des cafards, hurlant de terreur. Il n'en resta qu'une poignée, condamnés à errer sans foyer et sans pouvoir, avec le souvenir de leur défaite collé aux basques.

La Fin d'une Ère

Kaeden, les épaules voûtées par l'épuisement, regarda les cendres de Pédophilium s'envoler dans le vent. Il se retourna vers Orinis, toujours à genoux, le regard vide, mais où quelque chose commençait à revenir. Kaeden s'approcha et lui tendit la main.

"On s'en va d'ici, mon frère."

Orinis leva les yeux vers son compagnon. Un peu de lumière revenait dans son regard. Il comprit que, malgré la douleur, la quête devait continuer : c'était la dernière promesse qu'ils pouvaient encore tenir pour Gaiana.

Derrière eux, la terre rouge de Pédophilium n'était plus qu'un désert de cendres.

Fin du chapitre XX