Après avoir libéré Perdithorne de sa malédiction et renforcé leurs liens, nos trois compagnons, Kaeden, Orinis, et Gaiana, reprirent la route, plus soudés que jamais. Cependant, quelque chose d'indéniablement différent planait entre Orinis et Gaiana. Un échange de regards, une touche plus prolongée... Kaeden, toujours à l’affût, ne tarda pas à s’en rendre compte et à en profiter pour ajouter une touche (ou plutôt un marteau) d’humour lourdingue.
Alors qu’ils traversaient un petit bois dont les frondaisons offraient une intimité inattendue, Kaeden se retourna brusquement, faisant mine d’éclater de rire. "Eh ben, les deux tourtereaux, vous comptez attendre encore longtemps avant de vous 'jeter' l'un sur l'autre ? À force de vous effleurer, vos phalanges doivent déjà brûler d’envie, hein ?"
Orinis, déjà rouge pivoine, tenta de riposter avec un geste exaspéré. "Kaeden, pourrais-tu ne pas—"
Mais Kaeden ne l’entendait pas. "Ne pas quoi ? M'émerveiller devant le spectacle qui se déroule juste devant mes yeux ? Regarde, c’est beau ! Le frêle guerrier épris de la puissante enchanteresse… Vous devriez remercier Perdithorne d’avoir éveillé vos petits désirs refoulés."
Gaiana, tentant de garder son sérieux, pinça les lèvres, ses joues rosissant malgré elle. "Kaeden, ça devient un peu lourd."
"Oh, un peu ? Croyez-moi, moi aussi, je ressens toute la lourdeur de ce moment ! Mais l’amitié, c’est de tout partager, non ? Vos regards langoureux, vos hésitations, vos pensées qui vont clairement plus bas que vos ceintures de chasteté," railla-t-il.
Le Pont des Soupirs Incontrôlés
Ils arrivèrent alors à un vieux pont en bois suspendu au-dessus d’une rivière aux eaux sombres et sinueuses. Orinis tendit la main pour aider Gaiana à avancer, et Kaeden éclata de rire derrière eux.
"Allez-y, allez-y ! Main dans la main, regard plongé dans l'âme de l'autre ! Ce pont devrait s’appeler le Pont des Soupirs Incontrôlés ! Ou bien… quelque chose de plus évocateur, mais disons que ma créativité est au point culminant de sa décadence !"
Orinis serra la mâchoire, ignorant ses provocations et aidant Gaiana à franchir le pont en silence. Mais même lui ne pouvait nier l'étrange picotement qui le traversait à chaque frôlement de ses doigts avec les siens. Une fois de l'autre côté, ils s'arrêtèrent, leurs mains toujours entrelacées. Kaeden, arrivant derrière, posa les mains sur ses hanches, triomphant.
"Eh bien, le preux Orinis, je te savais doué pour manier une lame, mais qui aurait cru que tu étais aussi maître en manœuvres de phalanges dans le jeu de la séduction ? Ça m’en fait presque oublier les exploits de la Trompe Sacrée."
Gaiana se retourna, exaspérée, mais un sourire malicieux aux lèvres. "Peut-être qu'un jour, Kaeden, tu découvriras aussi ce que cela fait de… ressentir autre chose que ton marteau."
Kaeden éclata de rire. "Ha ! Si mon marteau avait des sentiments, je l'épouserais ! Mais en attendant, laissez-moi savourer cette relation naissante. Vous êtes comme deux petits lapins égarés dans le Bois des Tentations. Moi, je me régale !"
La Nuit Tombante et la "Garde"
Ils installèrent leur camp au crépuscule, la nuit s’étendant autour d’eux. Gaiana s’occupait de préparer leur repas, Orinis tendait les couvertures, et Kaeden… se tenait en retrait, les bras croisés, un sourire satisfait sur le visage.
"Je m’occuperai de la première garde cette nuit," déclara-t-il avec un clin d'œil. "Ne vous gênez pas, je resterai de dos."
Orinis, tentant de garder son calme, murmura à Gaiana. "Peut-être qu'on devrait l’assommer avec son propre marteau…"
Gaiana répondit en riant, mais ses yeux pétillaient de malice. "Ou alors, on peut juste l’ignorer. Peut-être que si on arrête de lui donner de l’attention, il se calmera."
"Eh oh, je vous entends, hein !" rétorqua Kaeden, l’air faussement offusqué. "Et sachez que je ne dormirai que d’un œil ! On ne sait jamais, les ombres sont pleines de mystères, et peut-être qu’un 'danger' pourrait surgir pour Orinis au milieu de la nuit. Peut-être même de la part de notre enchanteresse envoûtante…"
Orinis secoua la tête, mais un sourire lui échappa malgré lui. Il se pencha vers Gaiana, leurs visages se frôlant dans la douce lumière du feu. "Laisse-le dire, il se lassera bien un jour."
Gaiana posa une main sur son bras, une lueur tendre dans les yeux. "C’est d’accord. Mais pour ce soir, oublions-le un peu, d’accord ?"
À la lueur des flammes
La nuit se prolongeait, et Kaeden, fidèle à lui-même, demeurait fidèle à sa promesse : il gardait le dos tourné… mais commentait chacun de leurs mouvements de son perchoir.
"Oh, Orinis, je crois qu’elle a besoin de toi pour ajuster cette couverture. Voyons, sois un bon chevalier et aide-la. Qui sait ? Peut-être que d’ici demain, vous partagerez un peu plus qu'une couverture…"
Orinis, une étincelle d’audace le traversant, attrapa Gaiana par la taille et l’attira près de lui, sous les yeux faussement surpris de Kaeden.
"Oh, oh, oh ! Mais quel étalon ce preux Orinis ! Une prise directe, comme un vrai guerrier ! Attention, mon ami, ou tu pourrais bientôt porter le titre de 'Chasseur de Cœurs'."
Gaiana éclata de rire, et pour une fois, même Orinis laissa un sourire victorieux poindre. Finalement, il se tourna vers Kaeden, un regard défiant dans les yeux.
"Si tu veux bien nous accorder un moment de paix… pourquoi n’irais-tu pas t’occuper de ton cher marteau ? Je suis sûr qu’il mérite toute ton attention."
Kaeden, faussement vexé, leva les mains en signe de reddition. "Très bien, très bien, les amants transis. Mais je serai là, en veille… prêt à capturer chaque instant cocasse de votre tendre rencontre. Parce qu’il serait dommage de rater l’exploit d’Orinis le vaillant, détenteur de la Lame des Ombres et… j’imagine, futur souverain de… nouvelles armes ?"
Ils échangèrent un dernier regard complice, leurs rires résonnant dans la nuit. Kaeden s’installa enfin à une distance respectable, continuant de glousser pour lui-même. Orinis et Gaiana s’assirent côte à côte, une main se glissant discrètement dans l’autre. En silence, ils savouraient enfin un moment de paix… avec, quelque part au loin, Kaeden prêt à lancer sa prochaine plaisanterie.