✦ Chapitre XIV

La Quête de Gaiana

Le retour triomphal à Ravensbrug fut teinté de satisfaction pour Kaeden et Orinis, qui se pavanèrent quelques jours avec leurs nouvelles armes, La Lame d’Ombracier et Le Marteau des Cieux Brisés. Mais très vite, un détail dérangeant leur frappa l’esprit : Gaiana, qui avait risqué sa peau autant qu’eux pour les aider, n’avait rien reçu. Pas d’arme, pas d’artefact – rien. Et bien qu’elle cachât habilement sa déception, Orinis sentait que Gaiana méritait une récompense à la hauteur de ses prouesses.

Profitant d’un moment où Kaeden avait la bouche pleine de ragoût à l’auberge, Orinis prit Gaiana à part. "Je sais que tu n’as pas reçu d’arme légendaire, mais j’ai entendu parler d’un artefact, parfait pour toi. Une lyre enchantée, qui amplifierait les pouvoirs de celle qui la joue."

Gaiana esquissa un sourire, son regard s’illuminant à cette promesse. "Une lyre ? Qu’a-t-elle de spécial, cette merveille ?"

"On dit qu’elle amplifie la magie, et qu’elle peut même influer sur l’esprit de ceux qui l’entendent… transformer leurs humeurs, contrôler leurs émotions. Mais elle est gardée par des créatures très, euh… spéciales," expliqua Orinis, un sourire nerveux aux lèvres.

Kaeden, désormais intéressé, posa sa chope en demandant : "Spéciales comment ?"

Orinis se racla la gorge. "Eh bien… on les appelle les Furets des Postérieurs Brisés. On raconte qu’ils vénèrent les postérieurs comme des reliques sacrées et que seuls ceux qui se plient à leur… rituel d’adoration peuvent obtenir la lyre."

Kaeden étouffa un rire bruyant. "Des furets des postérieurs ! Alors là, je veux voir ça !"

Gaiana, elle, semblait à la fois sceptique et amusée, mais elle ne put résister à l’attrait d’une quête un peu folle – surtout si cela lui permettait d'obtenir enfin une arme digne de ce nom.

Le Chemin vers la Grotte des Furets

Après quelques jours de route, le trio atteignit enfin l’entrée de la grotte légendaire, gardienne de la Lyre des Humeurs. Des gravures étranges ornaient les parois de la grotte, représentant des postérieurs stylisés dans des poses exagérément suggestives. De petites inscriptions énigmatiques parsemaient les parois, émettant une lueur rose et dorée qui rendait l’ambiance aussi cocasse que mystique.

"Les furets doivent vraiment adorer les culs," murmura Orinis en contemplant les sculptures, luttant pour garder son sérieux.

À peine avaient-ils franchi l’entrée qu’une dizaine de Furets des Postérieurs Brisés apparurent dans un éclair. Ils étaient petits et trapus, et chacun portait une minuscule cape ornée de symboles obscènes, tandis que leurs queues se balançaient de manière résolument provocante. Le chef des furets, un vieux sage au pelage grisonnant, s’avança vers Gaiana et déclara solennellement :

"Seule celle qui saura honorer l’essence sacrée de nos… reliques arrières… aura le droit de toucher à la Lyre. En guise d’hommage, il te faudra exécuter la Danse des Délices de l'Arrondi."

Gaiana soupira mais hocha la tête, déterminée à obtenir la lyre. "Très bien, si c’est le prix à payer."

La Danse des Délices de l'Arrondi

Gaiana prit une inspiration profonde et commença à danser. Elle fit d’abord onduler son corps avec grâce, puis intensifia ses mouvements, laissant apparaître un côté sensuel qui attira immédiatement le regard d’Orinis. Elle entama une danse hypnotique, sensuelle, ses hanches balançant de façon suggestive, ses bras dessinant des courbes autour d’elle. À chaque mouvement, les furets poussaient des petits cris d’extase, leurs yeux brillants fixés sur elle avec un dévouement presque religieux.

Orinis, quant à lui, semblait captivé, incapable de détourner les yeux. Gaiana accentua le rythme, exagérant les courbes, faisant onduler son dos et ses hanches, offrant à son public une chorégraphie qui aurait fait rougir un démon. Elle le savait, et cela la faisait sourire intérieurement.

Elle termina par un mouvement de hanches final, un tour complet, laissant ses cheveux voler autour d’elle dans un tourbillon sensuel, et s’agenouilla au milieu des furets, qui la fixaient, les yeux pleins d’admiration.

Kaeden ne put s’empêcher de se pencher vers Orinis et murmura en riant : "Eh bien, mon pote, si elle danse comme ça pour des furets, imagine pour un vrai homme !"

Orinis, rouge comme une pivoine, lui donna un coup de coude mais ne répondit pas, les yeux toujours rivés sur Gaiana.

Le Poème Sacré des Furets des Postérieurs Brisés

Le chef des furets leva ses petites pattes, et tous les autres l'imitèrent. Ils entamèrent un chant étrange, psalmodiant un poème sacré en l’honneur de Gaiana :

"Ô postérieurs, si ronds, si beaux,

Vous qui brillez comme les cieux,

Par vos courbes divines et si sensuelles,

Vous nous guidez, comme des chandelles.

Pour vous, nous offrons mille prières,

En dansant, roulant nos derrières,

Car vous portez l’essence de l’âme,

Nos dévotions, nos larmes et notre flamme.

Étoiles des monts et des vallées,

Qui nos cœurs ont captivés,

Permettez à celle qui vous honore

D’accéder à la lyre de nos trésors."

Les furets achevèrent leur chant en frappant leurs petites pattes contre le sol, tous les yeux tournés vers Gaiana, qui avait accompli la danse sacrée avec une aisance et une sensualité telles qu’elle avait définitivement gagné le respect et l’admiration de tout le clan.

La Lyre des Humeurs

Les furets menèrent Gaiana jusqu’au cœur de la grotte, où la Lyre des Humeurs reposait sur un piédestal de pierre orné de cristaux lumineux. L’instrument semblait briller d’une lueur douce, chaque corde émettant une vibration mystique.

Gaiana s’avança, touchant délicatement la lyre. À cet instant, une vague d’énergie l’envahit, comme si la lyre reconnaissait sa nouvelle maîtresse. Elle pinça une corde, et aussitôt, une mélodie envoûtante résonna dans la grotte. Les furets se mirent à sautiller de joie, tandis que Kaeden et Orinis observaient, impressionnés.

"Cette arme me va à merveille," murmura Gaiana avec un sourire en coin, consciente des regards admiratifs de ses compagnons, et surtout de celui d’Orinis.

La Lyre des Humeurs conférait à Gaiana un pouvoir unique : elle pouvait non seulement amplifier sa magie, mais aussi influencer les émotions des autres. Elle savait désormais qu’en cas de bataille, elle pourrait rendre les ennemis mélancoliques, euphoriques, ou même terrifiés, tout en décuplant ses propres sorts. C'était l'arme parfaite pour une enchanteresse de son calibre.

Un Nouveau Départ

Alors qu'ils quittaient la grotte, les furets, les yeux brillants et les cœurs plein de reconnaissance, firent leurs adieux à Gaiana et son étrange danse des délices, restant dans leurs esprits comme une déesse des postérieurs bien méritée.

Orinis, toujours sous le charme, se pencha vers elle et murmura : "Il va falloir que tu danses comme ça plus souvent."

Gaiana sourit en haussant un sourcil provocateur. "Peut-être. Mais pour l’instant, il va falloir que tu te contentes de ça."

Et, pour la première fois, Orinis sentit que ce voyage lui réservait non seulement des trésors de puissance, mais aussi des découvertes beaucoup plus… intimes.